Qu'est-ce que la TNVB?

Le modèle Benenzon est l’un des cinq modèles de musicothérapie officiellement reconnus par la Fédération Mondiale de Musicothérapie. Celui-ci a la particularité que la relation à l’autre, au patient, se crée et se développe exclusivement dans le non-verbal, c'est-à-dire sans l'usage de la parole. Outre le média sonore, ce modèle utilise l'ensemble des éléments du contexte non-verbal comme médiateur dans la relation thérapeutique. C'est pour cela que l'on peut également parler de thérapie non-verbale benenzonienne (TNVB).

Quelles applications?

Si cette approche s’est avérée particulièrement intéressante pour les personnes qui n'ont pas acquis l'usage de la parole, qui l'ont perdu, ou pour qui la parole ne constitue pas le média de communication le plus adéquat (personnes souffrant de troubles autistiques ou psychotiques, d’aphasies, de déficiences mentales, de patients dans le coma, ou touchées par la maladie d’Alzheimer), elle a également fait ses preuves auprès du tout venant.  En effet, en Amérique du Sud, en Italie, à Chypre et en Espagne, la thérapie non-verbale benenzonienne est largement utilisée auprès de personnes qui possèdent le langage verbal et ce, dans diverses applications cliniques (psychiatrie, douleurs chroniques, burn-out, assuétudes…), dans le cadre de la prévention primaire et, de manière plus générale, dans le but d'améliorer la qualité de vie des personnes.

Enfin, ce modèle thérapeutique, pratiqué en individuel ou en groupe, s’est montré opérant à tout âge de la vie (lien parents-nourrisson, enfance, adolescence, âge adulte et troisième âge).

Pourquoi une thérapie non-verbale et comment cela fonctionne-t-il?

Nous vivons dans un monde où la parole constitue bien souvent le principal moyen de communication entre êtres humains. Notre paradigme nous amène à tout verbaliser et à penser que pour pouvoir mener à bien un processus thérapeutique, il nous faille passer par la parole. De plus en plus, nous nous rendons compte que cette parole ne suffit pas à elle seule à exprimer dans son entièreté et toutes ses nuances nos pensées, nos vécus, notre être. Il peut même arriver que, pour certaines personnes, elle soit un frein, une entrave à la communication. Travailler dans le non-verbal peut être libérateur par rapport au système « réducteur » que constitue le système de la parole. Le non-verbal offre un immense champ de possibilités d’expression et, parce qu’il est directement connecté à notre mémoire corporelle et archaïque, nous met en lien avec notre corps, nos émotions, notre inconscient et notre être-enfant.

En somme, le non-verbal, parce qu’il nous renvoie à notre premier système de communication pré-verbal, constitue un chemin royal vers nos vécus archaïques et inconscients.

Nos tensions, peurs, angoisses, pertes de vitalité ainsi que nos douleurs émotionnelles proviennent de certaines de nos énergies en déséquilibre. Ces énergies siègent dans notre inconscient. Le plus souvent, elles ne remontent que partiellement à notre conscience, car filtrées par nos mécanismes de défense, et pour alors s'exprimer par la parole, dans un but de décharge et pour se restructurer. Certaines d'entre elles n'arrivent pas à faire ce chemin et restent en notre inconscient. Il est cependant possible de les exprimer et les restructurer de manière plus directe et authentique de manière non-verbale au travers du corps, de la posture, du rythme et du mouvement et, plus largement, de notre sensorialité. C'est ce que le thérapeute va favoriser chez le patient par ce jeu d'interactions corporo-sonoro-non-verbales libres, favorisant la mise en veilleuse de notre mode de pensée habituel, de notre esprit logique, ce qui aura comme effet une attention plus accrue portée à ce qui se joue en nous au niveau inconscient ainsi qu’à notre corporalité. Le thérapeute va contenir, refléter et accompagner le patient dans cette démarche et cette autre manière de fonctionner.

La psychothérapie ne consiste pas à donner des interprétations astucieuses et en finesse ; à tout prendre, ce dont il s’agit c’est de donner à long terme en retour au patient ce que le patient apporte. C’est un dérivé complexe du visage [de la mère] qui réfléchit [à son bébé] ce qui est là pour être vu.” -- Winnicott, Jeu et Réalité.

Quel cadre offre le thérapeute à son/ses patient(s)?

Le thérapeute prépare le local et le matériel en fonction du patient. Généralement, les médiateurs utilisés sont des instruments de musique simples, mais il peut aussi s'agir d'objets de la vie quotidienne, d'eau, etc. Il n'est pas nécessaire que le patient soit lui-même musicien.

Les séances thérapeutiques durent entre 30 et 45 minutes. Un entretien préliminaire dans le verbal entre le thérapeute et le patient, ou le demandeur de la prise en charge, définira le cadre de la prise en charge, ses limites et ses objectifs.

Quelle que soit la problématique, le travail du thérapeute est d'accompagner le patient sur un chemin de découvertes de soi-même, de compréhension de son système relationnel, et ce, d'une manière différente et complémentaire d'une thérapie verbale classique. C'est le patient lui-même qui indique au thérapeute le chemin thérapeutique à suivre.

Bien sûr, travailler exclusivement dans le non-verbal n'est pas sans difficulté. Comme nous l’avons souligné plus haut, nous ne sommes pas familiarisés avec le fait de s'exprimer uniquement dans le non-verbal. Il existe des défenses, des peurs, des résistances personnelles, culturelles et sociales.  Au cours du processus thérapeutique, le thérapeute va avoir pour objectif d’amener son patient à se sentir de plus en plus libre, de plus en plus souple dans ses possibilités d'exploration de son moi non-verbal. Ce travail aura pour but de permettre au patient de prendre conscience de certains conflits inconscients, de sa manière à rentrer en relation avec l’autre et de se positionner, des schémas répétitifs, de son héritage inconscient familial, culturel, social mais aussi universel.