La supervision dans le modèle Benenzon

La thérapie non-verbale Benenzonienne (TNVB) considère la supervision comme un acte éthique fondamental pour protéger le thérapeute non-verbal.

Dans le processus relationnel de la TNVB, le thérapeute travaille avant tout avec son corps et ses émotions. Son corps est un véritable monitoring de ce qui se passe dans la relation avec son patient et de ce qui se passe en lui-même. Beaucoup de ces informations lui échappent sur le moment-même ou au contraire, l’envahissent. C’est pourquoi la supervision se centrera toujours sur le thérapeute et non sur le patient. Elle se centre sur ce qui se passe en la personne du thérapeute, en relation avec ce patient.

La supervision constitue également de ce fait un lieu de thérapie non-verbale pour la personne supervisée. Il ne s’agit en aucun cas de juger, préjuger, prescrire des façons de faire ou donner des directives concrètes à la personne supervisée. En TNVB, la supervision aide le thérapeute à poursuivre la reconnaissance de sa propre histoire non-verbale.

C’est pourquoi, entre autres bénéfices de la supervision, nous pouvons mentionner :

  • Stimuler sa créativité
  • Percevoir les aspects niés ou réprimés de la relation avec son patient
  • Diminuer les craintes ou sensations d’alarme que peut provoquer la relation
  • Diminuer les attentes du thérapeute et l’aider à attendre, écouter, percevoir
  • Reconnaitre certaines tendances personnelles à la passivité ou au contraire à l’hyperactivité
  • Trouver de nouvelles façons d’aborder le travail
  • Se re-connaître
  • Découvrir de nouvelles ressources, de nouvelles idées encore non exploitées
  • Se « réparer » de l’épuisement

La supervision de groupe

La supervision de groupe s’effectue par journée ou demi-journée. Nous pouvons mener un maximum de deux supervisions par demi-journée. Chaque supervision prend environ 1h ½.

Ceux qui souhaitent se faire superviser doivent envoyer au plus tard 15 jours avant la supervision leur demande avec une synthèse de ce qui les motivent à se faire superviser et un résumé du cas, processus ou projet à superviser.

Les observateurs doivent également manifester leur souhait de participer et s’inscrire à la supervision au minimum 15 jours avant la date prévue. En tant qu’observateurs, ils peuvent poser des questions, donner leur avis et commentaires, aider la personne qui se fait superviser à trouver de nouvelles pistes de travail par rapport à sa situation particulière.

Participer à une journée de supervision nécessite  bien entendu l’engagement personnel de chaque participant à garder le secret professionnel.

Modalités

La personne qui se fait superviser devra réfléchir aux moments les plus difficiles, les plus conflictuels  qu’il a vécus dans le processus relationnel avec son patient. Il choisit ensuite la séance la plus problématique et en relit les protocoles. Il en imagine alors une dramatisation selon son propre fantasme. Cette dramatisation, il peut la préparer avec un collègue ou un des observateurs ; le thérapeute prendra toujours le rôle de son patient et le collègue prendra le rôle du thérapeute. Ainsi, s’ils la préparent à l’avance, le thérapeute peut prendre le temps de décrire en détails la séance qu’il souhaite rejouer, les attitudes ou expressions qu’il souhaite que prenne la personne qui jouera son rôle, etc. Si cela n’est pas faisable, le thérapeute pourra le jour-même de la supervision choisir parmi les observateurs une personne qui prendra son rôle et aura un petit moment seul avec elle pour lui expliquer ce qu’il attend d’elle.

La supervision en elle-même se déroule généralement de la façon suivante: 

  • Description du cas, processus, ou projet. Le thérapeute choisit librement les éléments qui lui semblent  importants à décrire verbalement, tels que pourraient l’être :
    •  Informations à propos du contexte de travail
    •  Informations à propos de l’équipe de professionnels
    •  Informations à propos du projet professionnel
    •  Informations à propos du patient
    •  Informations à propos du setting avec ce patient
    •  Récit de la première séance
    •  Récit de la séance la plus difficile ou la plus problématique
  • Jeu de rôle préparé précédemment ou joué de façon spontanée
  • Débriefing verbal sur les sensations, perceptions vécues lors de la dramatisation par les personnes ayant participé à la dramatisation, les observateurs, le superviseur.
  • Conclusion de la supervision.

Dans le cas où la personne supervisée choisi de présenter un projet et non un cas clinique, elle peut exposer verbalement ce qui lui semble important parmi les éléments suivants :

  • Cadre général (où, avec qui, pour qui):
    • Informations à propos du contexte de travail
    • Informations à propos de l’équipe de professionnels
    • Informations à propos des bénéficiaires
  • Résumé du projet:
    • Finalité et objectifs généraux
    • Références théoriques et méthodologiques
    • Instruments de récolte et d’analyse des informations ; instruments d’évaluation de l’intervention
    • Plan d’intervention : organisation des séances, espace, setting, matériel et durée

Si c’est réalisable, il est conseillé que la personne qui présente un projet passe aussi par une dramatisation du fantasme qu’elle se fait de son projet.  Ensuite, de même que pour la présentation du cas clinique, les personnes ayant dramatisé, les observateurs et le superviseur font part de leurs perceptions et de leurs sensations de façon verbale.

Certificats

A la fin de chaque journée de supervision chaque participant recevra un certificat sur lequel sera mentionné son type de participation (observateur ou supervisé) ainsi que le nombre d’heures accomplies. Ces heures de supervisions sont reconnues par tous les centres Benenzon et entrent dans le cota d’heures nécessaires au diplôme de technicien ou de magister du modèle Benenzon.